Tous Pour La Musique interpelle la ministre de la Culture sur le déplafonnement des taxes affectées au CNM
20 avril 2026
A l’occasion de sa visite au Printemps de Bourges, Catherine Pégard a reçu une délégation de Tous Pour La Musique (TPLM), conduite par son président, Jean-Christophe Bourgeois.
Réunissant des représentants de l’ensemble de la filière musicale – auteurs, artistes-interprètes, musiciens, éditeurs, producteurs de spectacles et de musique enregistrée, diffuseurs, salles et festivals – la délégation a souhaité consacrer cet échange à un enjeu majeur : le déplafonnement des taxes affectées au Centre national de la musique (CNM).
« Une seule voix pour un enjeu décisif »
Il y a moins d’un an, lors de l’ouverture de la première France Music Week, Emmanuel Macron fixait une ambition claire, dont le CNM devait être le pivot : faire de la musique un secteur stratégique, souverain, exportateur, et mobiliser jusqu’à 500 millions d’euros d’ici 2030 pour accompagner sa croissance.
Cette ambition demeure partagée par toute la filière, mais les récentes déclarations du Gouvernement sur le financement du CNM ont suscité une vive inquiétude.
Relèvement des plafonds ou déplafonnement : un choix politique
Pour TPLM, la différence entre relèvement des plafonds et déplafonnement n’est pas technique : elle est fondamentale.
Un plafond, même relevé, prive par construction le CNM du fruit de la croissance que la filière elle-même génère. Lorsque l’activité progresse, les recettes augmentent, mais une partie de cette dynamique échappe au financement du secteur.
Rien ne justifie que la filière musicale contribue davantage que les autres secteurs économiques à l’équilibre des finances publiques, par l’écrêtement de ressources privées qu’elle a consenti à mutualiser au sein du CNM.
Dans le même temps, la baisse annoncée de la subvention ministérielle au CNM, compensée par un simple ajustement des plafonds, aboutirait à un effet quasi nul pour l’établissement.
Une telle équation ne serait pas à la hauteur de l’ambition affichée pour la musique française.
Derrière le budget, des enjeux concrets pour la création
Pour les organisations membres de TPLM, ce débat engage directement :
• l’accompagnement des artistes émergents ;
• le soutien aux salles et festivals fragilisés ;
• la transition écologique des tournées ;
• le développement de l’export ;
• la diversité esthétique ;
• le renouvellement de la création française.
Un appel direct à la ministre
TPLM a tenu à souligner devant la ministre :
• que 30 organisations parlent aujourd’hui d’une seule voix – cette unité constitue un signal politique rare ;
• que le déplafonnement est un choix de cohérence, non une charge nouvelle pour l’Etat – il consiste à rendre au CNM les ressources issues de la dynamique de la filière ;
• que la fenêtre politique demeure ouverte – les arbitrages budgétaires à venir peuvent permettre une décision conforme aux engagements pris.
Le premier mandat d’Emmanuel Macron a été celui de la création du CNM. Le second ne peut être celui de sa mort lente.
À propos de Tous pour la Musique, dont la Spedidam fait partie :
Tous Pour La Musique (TPLM) fédère l’ensemble des professionnels de la musique en France : auteurs, compositeurs, artistes interprètes, musiciens, éditeurs, producteurs, managers, entrepreneurs de spectacles (producteurs de spectacles, diffuseurs, festivals, exploitants de salles), les distributeurs de musique physique et numérique, les attachés de presse, et agit en faveur de la création musicale en France dans toute sa diversité.
Ses actions : mettre la musique en valeur, informer sur la diversité des métiers qui composent la filière, favoriser la compréhension de ses mécanismes complexes et de ses principaux enjeux, expliquer la propriété intellectuelle et promouvoir les nouveaux services musicaux qui respectent la chaîne des ayants-droit, développer l’éducation artistique et la place de la musique à l’école.